DOPAGE: QUELLES SOLUTIONS ?

Jusqu’où ira la chasse aux dopés ? Les analyses sur les échantillons actuels et passés avec sanctions à effet rétroactif, donnent une très mauvaise idée de l’état du sport dans le haut niveau. Des soupçons et des doutes sur la crédibilité des performances, planent sur tout résultat réalisé jusqu’à maintenant. Ces derniers temps la lutte s’est intensifiée, avec malheureusement aussi, des relents politiques dans les accusations. Les grands organismes dirigeants et de contrôle s’activent à qui mieux-mieux. Certains, comme ceux du cyclisme, d’athlétisme, de natation et même de l’anti dopage, tentent, pour l’occasion, de se refaire une virginité. Eux, qui ont longtemps fermé les yeux, les oreilles et couvert des performances et des athlètes que beaucoup dénonçaient comme n’étant pas au dessus de tout soupçon. Le cas du cycliste Lance Armstrong est le plus connu. D’autres ont aussi défrayé la chronique depuis notamment les fameuses auto transfusions sanguines des années 70. Sans parler de l’implication de laboratoires pharmaceutiques et de médecins et l’utilisation des fameuses AUT (autorisations d’usage à des fins thérapeutiques) fournies fréquemment par ces organismes, à des champions de renom à la veille de grandes compétitions. A présent ces organes de gestion du sport mondial se fixent l’objectif d’éradication du fléau ou à défaut d’en faire connaître le lourd prix à payer. En athlétisme, il est envisagé de remettre à zéro tous les records pour répondre aux doutes subsistant autour de certaines performances. Cela fait des vagues et déjà certains athlètes, scandalisés par le projet, montent au créneau pour dénoncer une atteinte à leur intégrité en mettant en doute la limpidité de leurs performances.

Le dopage doit être traité en termes d’approches politiques, économiques et sociales et pas seulement en décidant de sanctions. Car il est le rejeton du sport spectacle et de ces espèces de jeux du cirque des temps modernes que sont devenues les grandes manifestations mondiales. « L’essentiel est de participer », la fameuse devise du baron de Coubertin, a depuis longtemps été mise aux oubliettes, mondialisation oblige. L’athlétisme, le premier sport olympique, a retiré le mot amateur de son appellation. Le Comité International Olympique a quant à lui, permis l’octroi de primes à la participation et aux résultats ainsi que l’acceptation d’athlètes professionnels aux jeux olympiques. Dur de trouver une juste approche vu les énormes intérêts et engouement suscités par le sport de haut niveau. Alors peut on espérer un jour une réelle éradication ? Y a t il une solution définitive sachant que les laboratoires de recherches agissent à l’aveuglette pour découvrir et combattre des produits et méthodes qu’ils ne connaissent pas ? Devant la difficulté de la tache, certains préconisent même une libéralisation totale. Les limites atteintes et ne pouvant plus être dépassées, finiront pas amener un retour aux sources. Mais ce serait aussi une façon de tuer la poule aux œufs d’or.

 

 

Laisser un commentaire